Notre consultante Magalie vous parle de son rôle de référent handicap

Qu’est-ce qu’un « référent handicap » ? Quelle est sa fonction ?

Le référent handicap est l’interlocuteur privilégié des personnes en situation de handicap dans le milieu de travail, formation comprise.

Au sein des entreprises, il va avant tout informer, sensibiliser, afin que la personne en situation de handicap puisse exercer à son poste de manière « normale ». Cela peut concerner une nouvelle recrue mais également une personne occupant déjà un poste.

Sur la partie formation, le référent va trouver les moyens d’adaptation nécessaires pour que la personne en situation de handicap puisse suivre la formation dans les meilleures conditions.

Quelles sont les missions d’un référent handicap ?  

Comprendre et trouver les moyens de compensation éventuels qui peuvent être mis en place pour la personne en situation de handicap afin qu’elle exerce ou qu’elle suive une formation de manière la plus classique possible.

Tisser un réseau d’experts et de professionnels autour de lui pour l’aider à trouver les bonnes solutions conjointement avec la personne en situation de handicap. Il s’agit d’être facilitateur et de trouver des moyens plus ou moins complexes à mettre en place. Par exemple, des actions ou l’obtention de matériel accessible qui seront suffisants pour que la personne en situation de handicap puisse réaliser correctement ce qu’elle a à réaliser.

Ensuite, la reconnaissance d’un handicap va permettre d’obtenir des aides financières. Sans reconnaissance, on ne va pas pouvoir par exemple solliciter l’AGEFIPH (organisme qui finance divers supports ou matériel). La personne en situation de handicap peut avoir tout cela avec elle (c’est à son nom). Ça la suit partout dans son travail et durant ses formations. L’intérêt d’une reconnaissance handicap ouvre des aides qui peuvent être conséquentes.

Le référent handicap doit ainsi informer la personne des démarches qui peuvent être faites, et favoriser la recherche des solutions face aux situations d’inaptitude.

Le rôle du référent est aussi de faciliter l’intégration de la personne en situation de handicap ayant un titre de bénéficiaire de la loi, ainsi qu’évaluer si la situation professionnelle ou si tel type de formation peut être suivi par cette personne en concertation avec des professionnels experts sur ladite situation.

 

Quelles sont les compétences que doit avoir un référent handicap ?

  • Connaissances dans le domaine du droit et de la législation (reconnaissance bénéficiaire de la loi) ;
  • Connaissance de l’entreprise, de sa culture et de son environnement. Connaissance du monde économique et de ses enjeux (aides, financements etc.) ;
  • Connaissance primordiale des partenaires sociaux, associatifs et institutionnels qui peuvent venir en appui ;
  • Connaissance dans le champ du handicap ;
  • Compétences relationnelles. Ce sont des sujets souvent délicats, très personnels et individualisés. Les parcours sont différents. Ce qu’on propose pour une personne ne va pas forcément être en adéquation pour une autre ;
  • Compétences managériales (conduite de projet, animation d’équipe, conduite du changement) ;
  • Compétences en communication : une des plus grosses missions est d’informer et de sensibiliser ;
  • Compétences rédactionnelles et documentaires (travail souvent très lié à un administratif lourd) : il faut pouvoir trouver les mots justes afin que les partenaires et institutions valident les situations et débloquent des moyens adaptés.

 

Quelles sont les qualités essentielles que doit avoir un référent handicap ?

  • L’écoute : pour comprendre quel est le parcours de la personne en situation de handicap ;
  • L’humilité ;
  • Le respect de l’individu, de la situation ;
  • La rigueur et le professionnalisme par rapport aux missions confiées ;
  • La bienveillance. Personne n’est à l’abris d’une situation de handicap (qui peut être également temporaire).

 

Est-on assez sensibilisé et informé sur les situations de handicap selon toi ?  

Il y a une méconnaissance certaine des situations de handicap. On constate facilement le handicap visible, mais il y a une multitude de situations de handicap « invisibles », qui peuvent restées non-traitées. Exemple : on sort d’une opération assez lourde : comment va-t-on traiter derrière l’adaptation au poste occupé ?

Une croyance plane : quelqu’un qui exerçait à un poste (pathologie ou accident de la vie) revient en situation de handicap. Tout de suite, on croit que l’adaptation au poste va coûter énormément d’argent, qu’elle sera difficile, voire impossible, et cela avant même de se pencher sur la question et d’échanger avec les partenaires appropriés. Les aménagements sont bien souvent peu coûteux. Ce n’est jamais si dramatique à ce niveau-là. Et des aides financières existent.

Ensuite, il peut y avoir des conséquences lorsqu’on ne traite pas une situation de handicap. Cela peut créer des tensions, altérer l’efficacité des équipes. On va perdre du temps, refaire des choses.

Il peut y avoir des impacts à plusieurs niveaux : aspects psychologiques et comportementaux, ceci concernant tant l’équipe que la personne en situation handicap. La qualité du travail rendu peut également être affectée.

Une situation de handicap non-traitée peut aussi avoir des conséquences plus graves : des clients mécontents, un chiffre d’affaires en chute. Mais avant d’en arriver là, il faut espérer que la communication aura été établie !

Attention toutefois : l’idée n’est pas de se focaliser là-dessus mais de sensibiliser et informer.

  

Faut-il être un spécialiste du handicap pour être référent handicap ?

Non. Il y a sept catégories de handicap. On ne peut pas être spécialiste de tout cela. C’est impossible. Il ne faut surtout pas se croire spécialiste de quoi que ce soit. Avoir un réseau, être en veille de toutes les institutions et associations qui pourront amener des réponses concrètes, ça, oui.

Mais on ne peut tout simplement pas être expert en tout. Il y a beaucoup plus de situations de handicap qu’on ne croit. Même sur une même pathologie : le degré de handicap que génère la pathologie sur deux individus peut être totalement différent. Les moyens de compensation ne seront donc pas les mêmes. On retrouve là une qualité essentielle que doit avoir le référent handicap : l’humilité.

 

Comment devenir référent handicap ? As-tu suivi une formation ?

Oui, j’ai suivi une formation : « Devenir référent handicap » auprès de l’AGEFIPH avec la région OCCITANIE. Elle m’a permis de bien comprendre le rôle du référent handicap. De cerner quel est le cadre de mission.

Une telle formation permet aussi de se familiariser avec la concertation entre référents handicap sur les différentes situations et expériences vécues. Le but étant de s’entraider, de s’enrichir, pour ensuite accompagner au mieux les personnes qui sont en situation de handicap.

Cela m’a permis en somme de bien comprendre le cadre d’intervention et de compléter mon réseau d’homologues sur ce rôle-là, homologues qui peuvent apporter une lecture de certaines situations qu’on pourrait rencontrer.

Si demain, au sein du réseau Umaneo, un consultant m’appelle et m’expose une situation avec laquelle je suis peu familière, je pourrai m’adresser à ces homologues afin de récolter les éléments nécessaires à l’appréhension et à la gestion de la situation.

 

Quel est ton rôle de référent handicap au sein du réseau Umaneo ?

Sur le volet formation, prenons un exemple : lorsqu’une personne s’inscrit et informe qu’elle est en situation de handicap, je vais pouvoir entrer en action pour échanger avec elle. Je vais identifier avec elle, au regard du déroulé standard de la formation, où se trouvent ses situations de handicap. Si elle me dit par exemple « Là j’ai un problème, j’ai une difficulté auditive », je vais la questionner en premier lieu car elle connaît peut-être déjà les solutions à ses problèmes. Je vais ensuite échanger avec le consultant qui délivre la formation afin que la personne en situation handicap puisse suivre la formation le plus normalement possible.

Sur le volet recrutement :  admettons que l’entreprise pour laquelle le réseau recrute n’ait pas de référent handicap et qu’un candidat soit en situation de handicap. En fonction de la fiche de poste : je liste les tâches et les problématiques que chaque partie pourrait rencontrer. Est-ce que le poste occupé nécessite des aménagements particuliers, des points de vigilance ?

Je vais avoir un rôle de sensibilisation et d’information auprès des équipes de l’entreprise, avec l’accord de la personne qui est directement concernée.  Je vais leur donner des clefs afin qu’elles puissent apprendre à communiquer avec cette personne. Ou encore, les mettre en relation avec les réseaux d’experts pouvant les aider à trouver les solutions adéquates.

Un cas très simple à comprendre : si on intègre une personne malentendante, je sensibiliserai sur le fait que ce n’est pas la peine de parler de bureau à bureau, mais qu’il faut plutôt privilégier le déplacement, les signes, le dialogue en face-à-face, en somme un tas de petites choses qui peuvent aider, afin que la personne n’ait aucun souci d’intégration. Ensuite, je pourrai également lister les structures qui seront les plus à même d’accompagner cette intégration.

Le déroulement est sensiblement le même pour le suivi d’une formation. Il est important de rappeler que tout s’élabore en fonction du cas de figure. Il n’y a pas de recette toute prête.

 

Le mot de la fin…

J’aimerais terminer sur une chose essentielle : le référent handicap est un interlocuteur et en aucun cas il ne décide à la place de la personne en situation de handicap. Il doit informer et sensibiliser. Il ne faut surtout pas tomber dans la focalisation. Il faut mettre en place des moyens de compensation sans rien déstructurer. Cela nécessite un effort de chaque partie. Il faut simplement faire ce qu’il faut pour que tout se passe bien.

 

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