Nos consultants phosphorent Ep. 8 « Valeurs non cotées en bourse »

Je reviens d’un voyage au Tibet, je précise : je ne vais pas ici parler de spiritualité, ni de géopolitique. Il s’avère que j’y ai surtout pédalé !

En effet, je me suis embarqué avec un ami dans un « bike trip » d’environ 300km nous amenant de Lhassa, capitale du Tibet, au Lac Namtso sur 4 jours.

Une belle aventure à la fois humaine et sportive dans un Tibet en pleine mutation.

Nous parcourions une petite centaine de kilomètres par jour sur une route rendue dangereuse par un trafic de camions fous, klaxonnant à tout va ! Autant vous dire que le soir, malgré des conditions météo parfois difficiles, le confort de la tente était fort appréciable.

Le point d’orgue de notre escapade s’effectuait le troisième jour avec le passage de la chaîne montagneuse La Genh La, nous permettant ainsi d’arriver au fameux lac, réputé pour sa beauté époustouflante.

La veille au soir, après avoir essuyé une tempête de grêle, je cherchais le sommeil à l’abri de ma tente, coincé dans mon sac de couchage, agrémenté d’un « sac à viande » et d’un collant de jogging, sur un matelas bien trop petit à l’hygiène douteuse…tout un programme !

Je décide alors de poursuivre à la lumière de ma frontale le dernier livre qui m’a été offert, l’excellent « Commencer par pourquoi ? » de Simon SINEK.

Mon attention s’arrête net à la page 66 évoquant le thème des valeurs.

Un terme aujourd’hui galvaudé dans tous les sens, à en perdre tout son sens justement.

Ce passage de l’ouvrage m’interpelle particulièrement car il fait directement écho à un aspect essentiel dans le processus de mon activité de recruteur. L’auteur explique que ces mêmes valeurs, quelles qu’elles soient, ne restent que notions si elles ne sont pas converties en verbe.

Je cite : « Il ne s’agit pas d’intégrité, il s’agit de toujours faire la bonne chose » ; « Il ne s’agit pas d’innovation, il s’agit d’examiner le problème sous un angle différent ».

Cela fait pleinement sens en moi. Cette mise en relief de la dimension d’une valeur permet à la personne de la rendre vivante selon sa propre expérience et compréhension. Je m’endors dessus, l’esprit égayé par cette découverte.

Le lendemain matin, monts enneigés, yaks avoisinants, porridge au petit déjeuner, la journée peut commencer. Nous prenons les dernières instructions du guide pour les moins rassurantes, du genre « Un peu de poussière au début, une heure de montée à tout casser, profitez bien ! »

La réalité est tout autre, la route est fermée à cause de la neige tombée durant la nuit. Après une courte attente, nous sommes les seuls autorisés à passer, nous, à vélos…les bus, voitures et autres 4×4 attendront !

La neige a laissé place à une gadoue glacée, ça grimpe sec d’entrée. Nous sommes à plus de 4000 mètres d’altitude, la respiration est difficile, le souffle court, maux de tête diffus, pas de doute le fameux MAM (Mal aigus des Montagnes) est accentué par un effort physique conséquent.

Bien que sportif aguerri, il n’a jamais été question de réaliser un quelconque « exploit » et pourtant me voilà embarqué dans mon Tourmalet Tibétain.

L’heure initialement prévue par le guide a sans aucun doute été largement sous-estimée depuis le confort de la voiture d’assistance…Il s’agit plutôt d’une montée continue d’environ 20KM, le tout avec un thermomètre proche de zéro.

Cela me laisse le temps de réfléchir entre deux respirations, de (re) penser à ma précédente lecture nocturne. « Valeur, Verbe, Action : PERSÉVÉRANCE ». Je l’évoque souvent pour expliquer le travail de longue haleine de mon métier. A ce moment précis, je la vis « en plein », je la ressens, les choses sont claires, l’objectif est là, devant moi, précis, visible, le « by-pass », c’est-à-dire, le sommet à 5200 mètres. Je n’ai rien à gagner, rien à prouver à qui que cela soit, il s’agit de moi, je vais y arriver, il en a été décidé ainsi en mon for intérieur. Aligné sur ma valeur, je trouve les forces nécessaires pour gérer mon effort tout en veillant à ne pas mettre ma santé en danger. Les véhicules passent, les passagers m’encouragent, certains me tendent même des snacks. Ils m’auront oublié dans cinq minutes mais leur spontanéité me fait chaud au cœur. Plus je m’approche du sommet, plus les écrits de Simon SINEK résonnent en moi : il ne s’agit pas de persévérance, il s’agit de donner le meilleur de moi-même indépendamment des circonstances. Enfin le sommet, une petite victoire interne avec un ego à sa juste place, des félicitations de l’assistance, un sentiment d’accomplissement, une photo souvenir, et voilà.

Il s’agit là d’un pan de ma vie personnelle, la transposition dans ma vie professionnelle m’apparaît évidente. Cette valeur est la même lorsque je suis à vélo ou en course à pied que quand je recrute au quotidien. Tout comme je ne maîtrise pas la météo, l’état de la route, etc., je ne maîtrise pas les fluctuations du marché du travail, encore moins mes clients ou les candidats, cela s’entend. Cependant, je garde toujours en vue mon objectif en reconsidérant au fur et à mesure les meilleurs moyens pour y parvenir ! « Ma » valeur de persévérance est le moteur d’un besoin d’utilité fondamental chez moi : aider, accompagner, mentorer, coacher, conseiller, bref, qu’importe le terme, tant qu’il s’agit d’humain !

 

Par Frédéric Bessoud

 

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